Dès les premiers cycles d’animation dans les écoles, PhiloCité a fait usage d’œuvres artistiques, notamment les albums de jeunesse, qui présentent l’avantage de combiner le texte et l’image. Ces dernières sont conçues comme des supports qui nous permettent de penser tout autant que les mots.
Nous avons comme principe de considérer toutes les productions culturelles et artistiques (images, albums, arts de la scène, films de cinéma…) comme autant de supports possibles à convoquer dans nos ateliers.
La culture ?
À l’heure actuelle, deux types d’usage de la culture dominent : la culture comme objet de divertissement ou la culture comme objet d’instruction. Soit les œuvres sont censées nous distraire, soit elles sont censées nous instruire.
Nous pensons qu’il convient, face à des productions culturelles, de s’essayer à d’autres usages en explorant et en redonnant toute leur puissance aux rapports que nous entretenons à ce que nous voyons et entendons. Car ce que nous voyons et entendons affecte nos concepts, nos représentations, nos catégories, nos intérêts c’est-à-dire la manière dont nous pensons. Le sensible est l’élément où le concept se forme, se déforme et se transforme (cette thèse court de Platon à Kant). Dès lors, nos interventions visent à faire éprouver comment des œuvres culturelles, pourvu qu’on leur accorde une attention suffisante, affectent la manière dont nous pensons.
La pratique de la médiation culturelle :
L’usage philosophique de la culture consiste à s’installer ensemble à l’endroit où ce que nous voyons ou entendons ne nous dit pas quoi penser, à se porter à la frontière entre ce qu’on pense et ce qu’on n’arrive pas à penser, afin de se demander si et comment il serait possible de penser différemment. Chacun des participants aux discussions vient avec son expérience singulière, sa sensibilité, de sorte qu’ils ne voient et n’entendent pas « la même chose » alors que nous avons vu, entendu une œuvre artistique commune. Cette pratique demande de nous attarder collectivement sur les œuvres, de les arpenter, d’observer ce qui intrigue et affecte chacun des participants à l’atelier afin de mettre en évidence nos manières singulières d’être sensible. Nous pourrons ensuite découvrir l’intention des auteurs, mais celle-ci viendra dans un second temps, afin de ne pas reconduire l’idée qu’il nous faudrait connaître le « vrai message » de l’objet esthétique, à savoir celui délivré par son auteur et ses commentateurs. C’est là l’application à la sphère culturelle du principe d’émancipation sociale et intellectuelle dont nous nous revendiquons.
Plus largement, il s’agit de penser nos usages philosophiques pour des productions artistiques ou culturelles déjà existantes, mais aussi pour celles que nous produisons en ateliers philo. En effet, les ateliers philo de PhiloCité mettent la pensée en jeu par le dialogue et par la création. Nous sommes mieux en mesure de comprendre le processus créatif inhérent à une production artistique si nous nous y sommes frottés en créant à notre tour. En ce sens, penser graphiquement un concept c’est avant tout s’exercer à le faire. Si une interprétation théâtrale nous a mis en mouvement de pensée, on peut certes réfléchir à partir de notre statut de spectateur, mais on peut aussi être invité à réaliser une expérience d’acteur pour comprendre le problème qui nous traverse.
La « pensée du spectateur » s’exerce en particulier à l’occasion de l’exposition annuelle de PhiloCité qui a lieu en fin d’année scolaire à la bibliothèque George Orwell des Territoires de la mémoire à la Cité Miroir (Liège). Cette exposition est élaborée à partir des productions artistiques des participants aux ateliers philo d’une année scolaire autour d’une thématique. C’est l’occasion pour ceux-ci de découvrir les œuvres d’autres participants et de poursuivre la réflexion, de mettre en valeur leur réflexion et d’accueillir de nouveaux groupes qui découvrent la thématique
Exemples d’activités
Animations
- Cycles longs d’animations philo-art dans le cadre scolaire (écoles de l’enseignement ordinaire ou spécialisé, fondamental, secondaire et supérieur). En particulier : parcours philo autour d’un spectacle ou d’une visite de musée
- Cycles d’animations avec des primo-arrivants / apprenants en français
- Cycles d’animation en maisons de repos
- Animations philo(-art) avec différents partenaires comme les centres culturels, les théâtres, les musées, les bibliothèques ou ludothèques…
- Animations après un film en collaboration avec Les Grignoux de Bruxelles, dans le cadre du programme Écran Large sur Tableau Noir ou VivrEnsemble au Cinéma (en collaboration avec le Centre culturel Jacques Franck)
- Collaboration avec des artistes et des compagnies pour concevoir et animer des ateliers après spectacles (KOSMOS avec la Compagnie Entre chiens et loups)
- Accompagnement d’artistes et de compagnies en création
- Exposition de fin d’année scolaire
Formations pour les enseignants
- Formation « Le PECA et l’interdisciplinarité par les ateliers philo-laboratoires » (IFPC)
- Formation « Philosopher avec la littérature jeunesse » (CECP)
Formations sur mesure
- Formation « Apprendre à lire des images »
- Formation « Lecture »
- Formation « Médiation Culturelle »