C’est incidemment que PhiloCité est entré dans le monde de la santé en 2016. Au fil des ans, par le bouche à oreille, de plus en plus d’équipes se sont montrées désireuses d’interroger leurs pratiques professionnelles, leur conception de la santé, leur fonctionnement d’équipe, leur rapport aux patients, leur position institutionnelle.
Nous avons ainsi acquis une connaissance dans deux champs particuliers de la santé : la psychiatrie et les soins de première ligne. Nous cherchons ici à montrer comment, à partir d’interventions ponctuelles, situées et distinctes, des projets plus larges et plus englobants furent construits, par une sorte de processus naturel de développement des interactions et des idées échangées. La cohérence se construit à même l’action, pas à pas, comme l’élucidation progressive des enjeux qui nous travaillent avec les équipes de professionnels.
La psychiatrie
Les tout premiers contacts avec le monde de la psychiatrie remontent aux débuts de PhiloCité. Petit à petit, des portes nous ont été ouvertes, dans un secteur plutôt connu pour sa discrétion, voire sa
fermeture. Nous avons travaillé avec un service de santé mentale (SSM), un SSM résidentiel pour adolescents en prise avec l’institution judiciaire, la section fermée d’une institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ), un service de prise en charge de situations d’abus sexuels intrafamiliaux, un SSM de jour pour adultes, l’unité d’une clinique spécialisée en psychiatrie générale, une équipe mobile en défense sociale, un club thérapeutique, un groupe local d’évaluation médicale (GLEM) en pédopsychiatrie, une association en santé mentale et inclusion sociale, une association de pédopsychiatres, des pédopsychiatres qui s’inscrivent à nos formations en pratiques philosophiques… Les jeunes ne sont jamais loin : ce sont des patients ou des enfants de patients.
Les questions qui se posent aux soignants sont nombreuses et complexes. Dans le travail au quotidien, chaque interaction, chaque geste, chaque parole échangée entre un soignant et un patient est un outil de travail susceptible d’être interrogé. La vie dans ces équipes est par nature stimulante et instable, elle nécessite une attention permanente pour entretenir des relations propices aux enjeux du travail. La réalité de la vie psychique oppose une résistance de fait à toute velléité de protocolarisation, sauf à basculer dans des processus coercitifs qui transforment le soin en contention, et, pour nous qui accompagnons ces travailleurs, dans des méthodes qui standardisent une procédure, devenue bien vite aveugle à certains problèmes qui font pourtant la nervure singulière d’une équipe de travail (voir aussi page TRAVAIL).
Les conditions institutionnelles, la réalité sociale et les choix politiques sont immédiatement perceptibles par ces équipes qui en reçoivent les conséquences de plein fouet, sans filtre et sans médiation. Les questions liées à la vie psychique sont-elles bien posées ? Faut-il soigner la « folie » ? Qu’est-ce que la « santé mentale » ?… Ce sont toutes ces dimensions du travail en psychiatrie que nous avons découvertes dans nos rencontres avec tous ces acteurs : des pratiques quotidiennes aux concepts théoriques en passant par les choix politiques et l’organisation du travail.
La première ligne de soins
Parallèlement, nous avons acquis depuis 2016 une solide connaissance du monde de la santé de première ligne, en particulier dans le secteur des maisons médicales. Comme pour le travail avec les équipes en santé mentale, nous revendiquons le caractère philosophique de ces interventions et leur inscription dans l’esprit de l’éducation permanente, bien loin de toute assimilation à du coaching (voir aussi page TRAVAIL). Il s’agit en effet de mieux comprendre les cadres idéologiques, institutionnels, sociaux et organisationnels dans lesquels le travail est appelé à se faire, cette meilleure compréhension assurant une capacité accrue d’action sur les conditions du travail. Le gain de compréhension est en même temps un gain de puissance et une émancipation collective.
L’expérience acquise dans ces équipes, auxquelles s’ajoutent des équipes dont nous ne parlons pas ici (en soins palliatifs, par exemple) nous a d’abord conduits à intervenir durant plusieurs années au sein d’un Certificat universitaire en soins de santé organisé par l’Université de Namur, dans des séminaires organisés par le Centre de bioéthique de l’UNamur ainsi qu’à des formations organisées par le CHU de Liège. Elle nous a également permis d’établir des liens avec des homologues japonais (Oncolo Café, Université d’Osaka). Aussi, à l’instar du processus d’élargissement de la perspective exemplifié dans le cas de la santé mentale, nous avons été investis dans un ambitieux projet de recherche-action en partenariat avec la Fédération des maisons médicales qui a débouché sur l’écriture d’un livret destiné à toutes les maisons médicales de la Fédération.
Exemples d’activités
Animations
- Cycle d’animations philo ou philo-art en partenariat avec des écoles à l’hôpital : services Cyprès, Caktus et Polaris (ISoSL) ; l’école En Couleurs et l’Entre-deux à l’hôpital du Mont Légia, …
Supervisions d'équipe
- Dans le secteur de la santé et de la santé mentale
- Recherche-Action de 3 ans en collaboration avec la Fédération des Maisons médicales, des maisons médicales et des Intergroupes de Wallonie
- « Renforcer la collaboration entre la première ligne et les soins de santé mentale », projet de 2 ans soutenu par la Fondation Roi Baudouin et coordonné par l’Intergroupe liégeois (IGL), qui a rassemblé deux collectifs d’acteurs de première ligne, le Groupement Territorial pour la Santé Mentale à Seraing et le Collectif Tchantchès et Nanesse à Liège
Formations
Il est possible de proposer des conférences sur mesure sur cette thématique. Voici un exemple de formation passée :
- Formation d’une journée et demie sur « Comment accompagner la sexualité des personnes porteuses de handicapes de façon éthique et professionnelle ? », au sujet de l’accompagnement VRAS au SAJA (Les Iris asbl)